Seul et viol

Épisode 1 : seul et viol
La vie n’a pas du tout été tendre avec moi. Orpheline de père et de mère depuis ma dixième année de vie sur terre, c’est tante Dorcas qui manifesta le désir de me récupérer après la tragique disparition de mes géniteurs.
Le traitement de faveur dont je bénéficiais et la compagnie des deux merveilleux enfants de ma famille d’accueil me firent énormément de bien au point où j’arrêtai de m’apitoyer sur mon sort. La solitude ne faisait désormais plus partie de mon quotidien et je repris goût à la vie. Mon intégration fut rapide.
Ma tante m’inscrivit à l’EPP Akouedo Camp Militaire pour que j’y poursuive les cours que j’avais interrompu au cours moyen deuxième année. Prince et Naylla, ses enfants, m’aidaient régulièrement pour mes devoirs quand celle-ci, professeur à l’université de Cocody, s’absentait pour des conférences ou des cours. Nous étions pour la plupart du temps, à la charge de Tonton Yeo, un mari et un père de famille quasi absent. Il était tenancier d’un maquis dans lequel il passait le clair de son temps. Il était donc impossible de compter sur lui pour nous assurer une éducation. Mais la vie m’ayant gratifié d’une sagesse malgré mon jeune âge, je veillais comme je le pouvais sur ceux que je considérais désormais comme mes frères et sœurs.
C’est dans cette ambiance que nous vivions jusqu’à ce qu’un jour en pleine discussion avec Naylla, j’observe du sang sortir de mon entrejambe. Prise de panique, c’est ma cousine qui fit appel à sa maman qui fort heureusement était à son jour de repos. Elle me demanda de ne pas paniquer et m’expliqua que cet écoulement de sang était dû au fait que mon organisme était enfin prêt à accueillir un enfant tout en m’incitant à faire très attention aux hommes. Je reçus tous les conseils relatifs aux menstruations et je fus rassurée.
Dès cet instant, l’homme errant de la maison devint non seulement casanier mais était aussi à mes petits soins. Je le surprenais souvent de me dévisageant. Son attitude me turlupina, mais son air placide me convainquit qu’il voulait juste prendre soin de moi.
Toutefois, je n’oubliai pas que ma tante m’avait conseillé de faire attention aux hommes. Et Tonton Yeo, bien qu’étant mon Oncle en était un. Alors pour le fuir, je me réfugiais dans le ménage quand j’avais du temps libre. Voyant que je ne lui accordais pas de temps, il me m’imposait des pensums que j’exécutais à cœur joie.
Un après-midi, après l’achèvement de quelques travaux, mon oncle vint me trouver au boudoir, me fixa longtemps et me dit :

  • « Qu’est-ce que tu es belle ma petite Awa !! »
  • « Eh ! Merci tonton. » Dis-je avec un air timoré
  • « Tu es très belle et tu peux avoir beaucoup d’argent si tu m’écoutes. »
  • « Mais tonton oh, comment je peux avoir de l’argent ? »
  • « Tu veux avoir de l’argent ? Tu veux voyager comme ta tante ? »
  • « Oui tonton. »
    A ma dernière réponse, il se rapprocha de moi et déposa la paume de sa main sur mes cuisses. Je sursauta.
    Soudain, nous entendîmes le vrombissement d’une voiture. Tonton Yeo regagna sa chambre et moi j’allai ouvrir le portail.
    C’était ma tante qui revenait de voyage.
  • « Awa, ça va ici ? Tout s’est bien passé en mon absence j’espère. »
  • « Oui Tantie, tout va bien ici. »
  • « Fais monter les valises s’il te plaît. Mon voyage a été épuisant et je ne veux pas être dérangée. »
    Je fis ce qu’elle m’avait demandé et je retournai exécuter les tâches ménagères restantes.
    Le soir, c’est tout exténuée que je m’alitai. Je pensais encore à la conversation que j’avais eu avec mon oncle quand le sommeil m’emporta.
    Il était huit heures ce samedi matin et j’avais dormi de trop. Je me précipitai pour sortir de ma chambre et grande fut ma surprise de voir que toute la maison était déjà attablée.
    Comment j’avais pu dormir aussi longtemps ? Je devais me lever tôt pour préparer le petit déjeuner et faire le ménage J’étais convaincu que ma tante me bouderait. Alors je m’avançai vers eux, la tête baissée, et quand je voulus ouvrir la bouche, je les entendis dire en chœur : “JOYEUX ANNIVERSAIRE AWA” !
    En effet c’était mon anniversaire mais la dernière commémoration datait de très longtemps. Du coup, je ne prêtais plus attention aux années. Je me contentais juste de vivre.
    Ma tante avait déjà tout préparé. Une fête fut organisée à la maison pour la circonstance et je reçu un téléphone portable de dernière génération en guise de présent.
    Ma joie était indescriptible. J’avais maintenant dix-sept ans et je possédais un téléphone comme la majorité des filles de mon âge. J’étais très heureuse et d’ailleurs je n’en demandais pas mieux.
    Je grandissais sagement et faisais de mes études ma priorité même si mon physique avec les formes généreuses dont Dieu m’avait gratifié ne cessait d’attirer les hommes qui me ne détournerons pas de mon objectif.
    Mon oncle quant à lui devint un peu distant mais me rappelait par moment son offre. Je la déclinais chaque fois.
    Alors un jour, plongée dans mes rêveries, mon téléphone se mit à crépiter.
    Je reconnus la voix de Tonton Yeo à l’autre bout du fil.
  • « Allo ! »
  • « Oui allo ! Awa, c’est Tonton. »
  • « Oui Tonton »
  • « Si tu ne fais rien, passe au maquis tu vas récupérer un colis pour ta tante. »
  • « D’accord Tonton, j’arrive. »
    Des minutes plus tard, j’y étais. Sur place, mon oncle me présenta Albert, un ami à lui. Ce dernier me demanda de le suivre car c’est lui qui détenait le colis.
    Une fois chez Albert, il m’indiqua une pièce et me demanda d’y entrer.
    J’y pénétrai et me rendis compte que c’était une chambre à coucher. Il m’y rejoignit et ferma la porte à double tours.
  • « Calme toi ma petite. On va faire vite et s’en aller. »
  • « Faire quoi ? Tonton donnes-moi le colis ou laisses-moi partir. »
  • « Faut pas m’énerver hein. J’ai déjà payer ton oncle. Alors tu ferais mieux d’obtempérer. Sauf si tu aimes le masochisme. »
  • « Payer mon oncle ? Comment ça ? »
    Je venais de comprendre que Tonton Yeo était un proxénète qui était en train de m’utiliser pour se faire de l’argent.
    Albert me poussa sur un matelas de fortune et déposa toute sa corpulence sur moi. Je luttais de toutes mes forces mais il était physiquement plus fort que moi.
    Il réussit tant bien que mal à me maîtriser et abusa de moi.
    Je suis maintenant dévastée. Je me sens sale, souillée. Moi qui ai toujours voulu préserver ma virginité pour l’homme qui m’épouserait, je venais d’être victime d’un viol.
    Plus rien ne sera pareil à la maison. Je devais me venger et ce par tous les moyens.
    Que faire ?? Dire à ma tante qu’un certain Albert a abusé de moi par l’entremise de Tonton Yeo ?
    Me croira-t-elle ? Briserai-je la vie du couple en parlant ? Dois-je me taire ?
    Autant de questions qui trottinent dans la tête. Aidez-moi s’il vous plaît !

Bonne lecture
Cours sur sexualité
Premier article voilà

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